Fantasy & Fantastique

12 mai 2007

Sang d'Irah : blog "Plumes Sauvages"

Encore un roman rapporté de ma virée parisienne qui m'a rendue insomniaque. Pourtant, peu après son achat, on a essayé de me faire peur en me disant que plusieurs personnes n'étaient pas parvenues à lire cette auteur. C'est là qu'on se rend qu'on que d'une personne à une autre, l'approche d'un ouvrage peut vraiment varier à 180 °.
Car j'ai adoré le style, tout simplement !

"Sang d'Irah" est une superbe fresque, très prenante, avec des personnes aux destinées et aux caractères impressionnants, finements retranscrits. Pas de bons ou de méchants ici, rien de manichéens et c'est bien ce qui me plait. Même dans leurs pires actes, les personnages ont leurs raisons d'agir, tour à tour émouvants, pathétiques, convaincants, passionnés, autant de destins qui se percutent pour le meilleur et le pire, plongeant parfois les êtres qui leurs sont le plus chers au bord de la folie ou de la mort. Sans même parler des véritables chocs culturels, par exemple lors de l'apparition de Nicolas, puis de son retour avec des idées 'modernes' qui ne peuvent trouver échos à Nopalep, île hors de l'espace et du temps qui n'a pas évolué depuis des siècles. C'est bien ce que nous décrit l'auteur, une île continent qui sort de son inertie, ce qui entraîne la chûte prévisible de civilisations entières. Elle a superbement rendu, à mon avis, la mélancolie de ces personnages qui prennent conscience qu'avec leur fin c'est un mode entier de croyances et de coutumes qui périclyte.

Et au milieu il reste Duncan, droit et entier, homme d'un autre âge qui pousse l'admiration même chez ses ennemis.

J'ai eu une chance énorme, pouvoir parler de ce livre avec son auteur après l'avoir lu, sur le forum Littérature Fantastique. D'ailleurs, je ne me suis pas cassée la tête, cet article est ni plus ni moins mon ressenti "à chaud" de ce que j'y avais décrit (je suis une feignasse, je vous l'ai déjà dit !).

J'avais donc ajouté une note pour l'auteur sur le forum, dans laquelle j'avouais que je ne savais que répondre à la question posée en dédicace sur le roman lors du salon du livre de Paris... La question était tout simplement de savoir quel serait mon personnage préféré... et si je me retrouverais dans la reine Maryanor.
J'avoue que le personnage de Sail est particulièrement "grand", se dépassant et se consumant par amour des siens, mais tous sont si bien cernés que j'ai éprouvé un réel plaisir à les suivre, même lorsque leurs décisions étaient réellement contestables. Tous ont leurs forces et leurs faiblesses, ce qui les rend à la fois attachants et répugnants. Une belle galerie de personnages !

Je découvre cette auteur donc je ne m'avancerai pas sur ses autres romans. Ca m'a quand même fait une drôle d'impression d'arriver à la fin et de découvrir qu'une suite est prévue, car c'est déjà un roman très dense (je ne suis pas amateur de multilogies). Ce qui est très agréable c'est que l'auteur ne coupe pas la lecture, du genre "à suivre" en plein milieu d'une action. Elle a traité son livre comme un one-shot, ce qui est très respectueux des lecteurs, tout en mettant en place la génération suivante, donc évidemment, pour ceux qui ont aimé, ça met l'eau à la bouche...

Bon, j'ai beaucoup causé là, mais j'imagine Sieglind ou Adu me tomber dessus en me disant "c'est bien mais... ça parle de quoi ?"

Au tout départ, le Prince chevalier Duncan d'Irah rend visite à sa très jeune fiancée la reine Maryanor (alliance politique décidée quand elle était au berceau, mais qui à la grande surprise de tout le monde s'est changée en une véritable passion, arrête de glousser Sieglind, oui on se doute que ce n'est pas une visite de courtoisie).
Le Prince est dans une position délicate car ce mariage peut permettre au royaume de sa douce d'absorber le sien, il a donc déjà pris ses précautions de ce côté. Du coup il sait que cette alliance n'est plus aussi avantageuse aux yeux des dirigeants du royaume de Nicée.
Il a cependant confiance en se rendant auprès de sa dulcinée à sa demande. Mais il déchante car elle a quelque chose de terrible à lui apprendre (de préférence en public devant l'ensemble des pontes du royaume, merci l'humiliation). Car la Reine est aussi la grande prêtresse de Soral, dont le culte règne sur le royaume de Nicée, et le Kassapu (prêtre) de ce culte est parvenu à la convaincre qu'elle devait annuler ses fiançailles pour réaliser le Grand Partage avec le roi Sail, véritable homme-Dieu d'Orkaz, contrée désertique du sud qui s'est allié aux Trolls Lycanthropes du nord dans l'espoir de pouvoir récupérer eaux et terres arables. Le Grand Partage est une cérémonie qui a permis aux Reines, sur des générations, de plier à leur volonté des hommes pour absorber leur peuple et leurs terres en évitant les conflits armés. Mais cette pratique n'a plus eu lieu depuis très longtemps car elle est assez "politiquement incorrecte" (lisez le livre pour avoir les détails !).
Cette décision va avoir des conséquences terribles. Duncan, décidé à rester fidèle à son lien de vassalité, va lui-même livrer le roi Sail à Maryanor, mais cette dernière va suivre son idée et réaliser le Grand Partage malgré tout. Ce que Duncan ne voit pas, c'est que la jeune Reine vit en réalité dans la peur, qu'elle est beaucoup plus solitaire et fragile qu'il n'y parait. Ce qu'elle va faire et subir au cour de la cérémonie et dans les mois qui vont la suivre sera lourd de conséquences...
Ceci n'est que le tout début du roman et je n'en dirai pas plus !

La superbe couverture est signée Luis Royo, elle est à tomber, n'est-ce pas ? Il y a des auteurs qui ont de la chance !

c'est sur http://www.plumes-sauvages.net/article-10354469-6.html#anchorComment (cliquez sur le titre...)

05 mai 2007

INTERVIEW : Phenix Mag 14


Phénix Mag n°14 est maintenant en ligne avec ma dernière interview en date.

Avec des entretiens de :
Lucie Chenu
Nicolas Cluzeau
Mélanie Fazi
Alexander Irvine
Serge Lehman
Philip Le Roy
Alexis Lorens
Emmanuelle Maïa
Claire Panier-Alix
Virginia Schilli
Erik Wietzel

téléchargeable sur :


http://www.phenixweb.net/Numero-14

21 avril 2007

SANG D'IRAH : Roanne (psychovision.com 21/04/2007)


message lu ce matin sur le forum psychovision.com (lien en cliquant sur le titre ci-dessus), signé Roanne

"Je l'ai terminé cette nuit (3h30 du matin, de mieux en mieux, c'est quoi ces écrivains qui rendent leurs lecteurs insomniaques, non mais je vous jure ?).
C'est une superbe fresque, très prenante, avec des personnes aux destinées et aux caractères impressionnants, finements retranscrits. Pas de bons ou de méchants ici, rien de manichéens, et c'est bien ce qui me plait. Même dans leurs pires actes, le persos ont leurs raisons d'agir, tout à tout émouvants, pathétiques, convainquants, passionnés, autant de destins qui se percutent pour le meilleur et le pire, plongeant parfois les êtres qui leurs sont le plus chers au bord de la folie ou de la mort. Sans même parler des véritables chocs culturels, par exemple lors de l'apparition de Nicolas, puis de son retour avec des idées 'modernes' qui ne peuvent trouver échos à Nopalep, qui n'a pas évolué depuis des siècles. C'est bien ce que nous décrit l'auteur, une île continent qui sort de son inertie, ce qui entraîne la chûte prévisibles de civilisations entières ou de mode de fonctionnement. Elle a superbement rendu, à mon avis, la mélancolie de ces personnages qui prennent conscience qu'avec leur fin c'est un mode entier de croyances et de coutumes qui périclyte.
Et au milieu il reste Duncan, droit et entier, homme d'un autre âge qui pousse l'admiration même chez ses ennemis.
Note pour l'auteur : je ne sais que répondre à la question que tu m'as posée en dédicace sur le roman lors du salon du livre de Paris... J'avoue que le personnage de Sail est particulièrement "grand", se dépassant et se consumant par amour des siens, mais tous sont si bien cernés et 'disséqués' que j'ai éprouvé un réel plaisir à les suivre, même lorsque leurs décisions étaient réellement contestables. Tous ont leurs forces et leurs faiblesses, ce qui les rend à la fois attachants et répugnants. Une belle galerie de personnages !"


et un autre sur le forum raxxon

09 avril 2007

News diverses

Marc Bailly m'a interviewée au salon du livre de Paris pour la revue Phénix, à paraître...

Le conservateur du fond français de la bibliothèque nationale va ouvrir un fond à mon nom où figureront mes manuscrits, carnets, annotations, cartes, pour sang d'Irah et la chronique insulaire. Je vais lui envoyer tout cela prochainement, avec, pour l'Echiquier d'Einär et Sang d'Irah, les versions intègrales (tous les passages qui ont été coupés, dont les fameuses 60 pages manquantes de Sang d'Irah).

J'ai participé à une table ronde qui était rectangulaire, ce dimanche 8 avril 2007 à Mons (Belgique), avec Stan Nichols, sur l'influence de Tolkien sur la fantasy moderne. Débat fort intéressant...

COMPTE-RENDU FESTIVALS

(photo (c) Mélanie Fazi)

Il est des périodes où rien ne va, où l'on a du chagrin, où la météo est devenue folle, où les collègues de travail méritent plus de baffes que les élèves, où l'on est triste, où l'on resterait bien sous sa couette, et où l'on ne pense qu'à dormir, ne plus se réveiller...

Heureusement, j'ai un atout de taille, une sorte de joker qui sauve à tous les coups :

non, ce n'est pas l'écriture... Elle, c'est ma soeur de déprime, ma soupape, ma squizo perfide.

non, c'est mieux que ça : les amis.

Et des amis, j'en ai beaucoup. Des vieux amis, qui savent vous porter et vous dérider en toutes circonstances. De ces vieux frangins de longue date, ceux qui partagent, qui savent, qui ont aussi leurs galères, mais à qui on n'a pas besoin d'en parler, parce qu'on se comprend, et qu'on sait que ce qui compte, quand on est ensemble, c'est de refaire le monde, de faire des pieds-de-nez au monde et aux cons qui le peuplent, c'est de délirer, de savoir reconnaître dans les bizarreries qui nous entourent ces petits riens qui vont vous stimuler, vous faire rire, vous faire réfléchir, vous donner des idées saugrenues...

Ces 4 dernières semaines, bien que j'aie dû annuler deux séances de dédicace parce que j'étais trop mal, j'ai participé à 3 salons.

MOURMELON (Dampierre en Champagne), qui m'a permis de rencontrer des auteurs jeunesse, de retrouver le dynamique et achtement sympathique Philippe Halvick (l'un des rares qui soit capable de prendre une photo de moi où j'ai une figure humaine, celle qui illustre ce blog), et de papoter avec de nouveaux lecteurs, et leurs parents (je salue ici la maman de Quentin, qui se reconnaîtra si elle repasse sur ce blog, et que j'embrasse fort. M'ame, vous ne vous en rendez pas compte, mais votre enthousiasme et votre gentillesse, c'est quelque chose ! j'espère que le concert des Naheulbeuk, samedi soir, vous aura plu, vous que j'ai retrouvée à Mons 3 semaines plus tard !)

LE SALON DU LIVRE DE PARIS : incontournable rendez-vous annuel qui me permet de retrouver ma deuxième famille, les Nesti.

et ce weekend, TROLLS & LEGENDES, à Mons (Belgique) : comment décrire le plaisir de retrouver la chaleureuse amitié de Philippe Ward, écrivain et grand manitou des éditions Rivière Blanche; celle de Sylvie Miller (voir photo), qui repértorie avec la rigueur qui la caractèrise les cyclotronnesques dérives de notre triste monde. Ces deux-là vont sortir prochainement un recueil de nouvelles écrites à 4 mains, j'aurai l'occasion d'en recauser. Qui d'autre ? Jérôme "Globullllle" Lamarque (un L ? deux L ? rien que pour le faire râler je ne trancherai pas), calme réfléchi et grand ami qui tempère tout et sait si bien relire mes premiers jets... Laurent Whale (bon lui, c'est un gredin, et en plus il écrit de la SF. Mais j'ai le droit d'aimer les gredins aussi), Mélanie Fazi (heureusement pour les autres, elle écrit peu, parce qu'elle écrit si bien, ses textes sont si forts et denses, que la concurrence en deviendrait insupportable :-)) et l'inénarrable Hystrion, Christophe Besly, dont les avis sont la plupart du temps plus que justes. Et comment évoquer tout le monde ? Michel Borderie, Alain le Bussy, Denis Labbé...

lors de ces festivals, les batteries se rechargent. On n'y va pas pour vendre des bouquins. On y va pour retrouver les potes, je viens de le dire, mais surtout pour rencontrer les lecteurs. C'est réconfortant, rassurant, régénérant. Indescriptible. Bien sûr, il y a la satisfaction de faire découvrir à des inconnus, dans l'espoir qu'ils aimeront et voudront bien lire la suite. Mais avant tout, il y a les retrouvailles. Ces lecteurs qui font le déplacement pour vous seriner : "alors, quand sortira le dernier tome ?", pour vous expliquer qu'ils ont été touchés par votre travail, ou pour se jeter sur les tomes qu'ils n'ont pas réussi à dégotter en librairie (putain de diffuseur !). Ceux qui passent juste pour vous saluer, avec un petit "celui-là, j'ai beaucoup aimé" et qui n'en disent pas plus, aussi intimidés que vous.

et puis il y a des rencontres, émouvantes, avec des "pointures", et cette réalité qui se confirme à chaque fois : ce weekend, j'ai rencontré Alan Lee et Stan Nichols, immenses, humbles, adorables... alors que je connais tant et tant de soi-disant auteurs (un volume publié chez Tartempion, peu ou pas du tout distribué, et qu se donnent de l'existence sur les forums ou autres blogs) qui se la racontent, et qui sont odieux de bêtise, de prétention et de mythomanie.

Ah...

Il est des périodes où rien ne va, où l'on a du chagrin, où la météo est devenue folle, et dans ces périodes-là, ça fait du bien de sortir de chez soi, de chausser ses bottes d'auteur en vadrouille, de partir à l'assaut des festivals bruyants, surpeuplés, où vous avez soit trop chaud, soit trop froid, où on vous donne de la bière quand vous rêvez d'un café, où vous ruminez que vous préféreriez être dans votre lit, alors qu'au fond, il n'y a rien de meilleur que ces dédicaces, ces délires, ces discussions, ces embrassades, ces clins d'oeil, ces ragots, ces échanges pleins de chaleur.

Merci à tous

et un spécial merci à Valérie Frances et à son équipe : ce festival Trolls et Légendes 2007 fut une réussite de plus, et j'en garderai un souvenir vivifiant.

05 avril 2007

lu sur le forum du fanzine RAXXON



lu sur le forum RAXXON : http://www.raxxon.com/Forum/viewtopic.php?p=52665&sid=6e5ff8073b22943838184796772d1124

Henry Jones,Jr. a écrit:
est-ce que les auteurs français péchent au niveau du worldbuilding ?

Je réponds tout simplement NON.
Claire Panier Alix est le parfait contre-exemple : dans La Chronique Insulaire, sa trilogie, elle a fait plus que de simplment créer un univers, elle a construit de toute pièce un MULTIvers, et de plus gigogne ( les s'emboîtent les uns dans les autres )...
Pour résumer TRES grossièrement, je dirais que Claire Panier Alix est la Tolkien française. Mais ça reste très superflu.
Tolkien a créé de toute pièce un univers de fantaisie, et en a rédigé l'histoire complète à travers le Simarillion, Les Contes et légendes inachevés, etc...

C.P.A. a elle aussi conçue de toute pièce, mais ce qui est d'autant plus intêressant, c'est que ce n'est pas un univers, mais un multivers. Et qui plus est gigogne ( je l'ai déjà dit dans le message précédent ).
Son Multivers gigogne, donc, est bien plus que deux ou trois mondes ( elle en exploite même quatre, me semble-t-il ), mais elle dit elle-même que cela ne s'arrête pas ici.
L'elfe Jehor ( le spécialiste en la matière dans son oeuvre ), explique le fonctionnement de la Clé des Mondes ( livre 2 ) : il existe une infinité de mondes différents ou semblables, baignant tous dans le même océan ( définissant par là l'unicité de la vie et des lois physiques ). Mais en parallèle à cela, le propriétaire de la Clé des Mondes, lorsqu'il utilise celle-ci, peut inventé au gré de son esprit, de ses humeurs et de son subconscient/incoscient, d'autres mondes encore plus extravagants.
En plus de cette clé, le livre intitulé la Chronique écrit par le dieu-rêveur ( il rêve le futur du monde, et le retranscrit dans son livre ) possède également ce pouvoir de création de mondes, mais le livre possède étrangement sa volonté propre.
Au final, l'infinité de la création de C.P.A. est d'autant plus immense, que l'esprit créateur est imaginatif. Elle même laisse libre cours à une éventuelle suite qui ne sera pas écrite de sa main, mais imaginée par les nombreux lecteurs.

Je pense que par là, C.P.A. se démarque de tous les autres auteurs pour se placer au même niveau que Tolkien ou d'autres encore : créatrice parmi les créateurs...

05 mars 2007

SANG D'IRAH : ESAU CAIRN

L’accroche du roman est très intrigante, malgré un scénario on ne peut plus classique pour planter le décor. En effet si l’auteur se soumet à l’exercice imposé du cadre géographique, beaucoup de recul est pris avec les contraintes du genre. S’il faut bien imaginer des îles exotiques, situons les à l’est, appelons-les « Iles Levantines », mais laissons-les donc dériver à leur guise. Des contraintes certes, mais sans non plus limiter notre plaisir. La pirouette est plaisante et laisse augurer de bons moments.
Autant pour le lieu, présentons les protagonistes. Avec une belle mise en scène, qui ne verse pas dans l’épique, mais plutôt dans la tension sauvage et barbare. Une tension qui atteint des sommets, notamment à la fin du second chapitre, bien servie par un souffle aride et une écriture sèche qui étreint le lecteur. Celui-ci attend l’arrivée du héros avec impatience - l’apparition d’un Francis Xavier Gordon ou d’un certain Cimmérien ne surprendrait pas tant l’atmosphère est proche des meilleurs textes Howardiens. Le lecteur est prévenu ; âme sensible passe ton chemin, Claire Panier Alix a d’autres Trolls à démembrer, l’influence est revendiquée. Et pourtant …
Arrive donc le héros : Duncan d’Irah. De noble lignée ce Duncan ! Il tire son essence d’un rien d’Aragorn (c’est un sacré compliment, vous ne trouvez pas ?), d’un héritier caché d’Arthur Pendragon, avec un soupçon de caractère indomptable qui pointe sous l’armure, et son destin est forgé par les plus funestes prédictions contre les royaumes civilisés. Notons que la notion de civilisation est ici ambiguë et l’ombre de Xuthal plane, pardon, je m’égare au pied d’un Colosse Noir, sous les portes de la Citadelle Ecarlate, Thugra Khotan m’a ensorcelé, et Khosatral, le Diable d’Airain, me poursuit. Ducan donc, dont le destin, car les Dieux de Jade lui ont accordé la malédiction de vivre dans une époque de fureur, commence où s’arrête parfois celui des héros d’autres sagas. C’est en roi et non en simple mercenaire qu’il doit combattre la menace surgie du fonds des âges archaïques de Trolls lycanthropes monstrueux, tout en déjouant les sombres complots du clergé omnipotent de Nicée. Ne soulevons pas trop le voile du mystère, passons donc sous silence le charismatique Sail, l’Homme-Dieu. « Et l’homme créa un roi » aurait-on pu graver sur son monument funéraire.
Claire Panier-Alix prend un malin plaisir, et nous une délectation immense, à nous surprendre sans cesse, brouillant les pistes et semant son intrigue de rebondissements à contre-pied des standards, nous captivant toujours plus, nous transportant au plus profond d’un récit envoûtant aux péripéties inattendues et pleinement assumées, avec une vigueur et une fougue qui nous tient haletant d’un chapitre à l’autre. Le récit tout en fureur épique est ponctué par de belles envolées lyriques, rares, mais qui s’apprécient d’autant plus. Qu’il me suffise d’ajouter que cette fresque enthousiasmante recèle quelques pépites ciselées dans l’action la plus pure et les cœurs hardis prendront d’assaut les étals des libraires.
Ce roman s’apprivoise peu à peu, révélant paradoxalement assez pudiquement qu’il est beaucoup plus complexe qu’initialement supposé. Les influences multiples décelées dans les premières (centaines de) pages sont surmontées pour produire une tonalité atypique, farouche et impérieuse. Le roman trouve naturellement un second souffle dans une peinture humaine que les auteurs classiques les plus exigeants n’eussent pas reniée. Nul doute que la voix de Claire Panier-Alix ne puisse résonner à l’unisson de ses consoeurs, tant son écriture et son art du récit sont mâles, et sa connaissance des tréfonds de l’âme, intime Les promesses contenues dans ce roman sont fort alléchantes, et si la personnalité de l’auteur est déjà très affirmée, je pense pourtant que nous sommes néanmoins loin d’avoir tout lu.
Un regret, un seul : ne pas avoir lu ce roman plus tôt.

lu sur http://www.triliock.com/forum/viewtopic.php?p=11886#11886

07 février 2007

GEANTE ROUGE 6



À PARAÎTRE le nouveau numéro de la revue Géante Rouge pour lequel la rédaction m'a demandé de commenter les nouvelles au sommaire.
Un entretien de votre servante, un article sur Sang d'Irah et un extrait de Sang d'Irah 2 sont également au programme.

Si un numéro de GEANTE ROUGE vous intéresse : c'est très simple. Il vous suffit d'envoyer des timbres du pays où vous résidez pour l'équivalent de 3 euros ou un peu plus (en France : 6 timbres courants). Ou encore de vous abonner (12 euros, port compris pour 4 numéros), par chèque ou virement

Géante rouge
34 rue Jean Jaurès
59135 - Bellaing
http://page-sf.monsite.wanadoo.fr/page1.html

21 décembre 2006

CRITIQUE : "L'échiquier d'Einar", par Psychovision.com

BON, BEN AVEC DES CRITIQUES COMME CELLE-CI, ON A LES CHEVILLES QUI ENFLENT PENDANT 5MN, PUIS UNE GROSSE BOULE DANS LA GORGE... ON SE TOURNE VERS LE MANUSCRIT EN COURS, ET ON SE DIT : POURVU QUE JE SOIS A LA HAUTEUR !

Il y a chez Claire Panier-Alix un peu de Homère, un peu de Tolkien, un peu de McCaffrey, mais il y a surtout beaucoup de talent, énormément de talent ! Peut-on résumer en quelques phrases l’Odyssée, en quelques mots Le seigneur des Anneaux et en si peu de temps le cycle de Pern ? Je pense, pour ma part, que c’est impossible, d’abord parce que cela ne rendrait pas hommage à ces auteurs et surtout parce que cela serait un pari bien trop difficile à tenir. Et comme, de plus, je ne suis pas vraiment joueur même si j’ai pris plus de plaisir en une semaine de partie d’Echec en tête à tête avec le dieu Einar que ce que je pourrais en avoir avec n’importe quel autre jeu, je ne me lancerais jamais dans cette aventure condamnée à l’échec.
Me voilà donc face à un problème. J’ai finis la lecture de ces nombreuses pages en l’espace d’une semaine et lorsque je me remémore toutes les contrées traversées, toutes les créatures affrontées, tous les sorts évités, j’ai l’impression que j’ai dans la tête plusieurs tomes. C’est vous dire la densité de cette œuvre.
Il me faut donc en bon chroniqueur vous donner envie de lire ce livre que j’ai adoré, vous donner envie de plonger à votre tour dans ces aventures fabuleuses et de découvrir un style grandiose.
Je pourrais commencer ainsi : Claire Panier-Alix est à mon sens, peut-être, l’auteur de fantasy de langue francophone la plus talentueuse que je connaisse. Cela suffirait-il à vous rendre compte de l’ampleur de son travail, de la force de son style tantôt poétique, tantôt au contraire très concret quand elle vous plonge au cœur des batailles et des mythes ? Non, certainement pas.
Alors tentons de synthétiser cette somme, ce chef-d’œuvre, qui m’a fait renouer à vie avec un genre : la fantasy !
L’échiquier d’Einar commence ainsi : un vieil homme, un vieux roi, Duncan d’Irah va être malgré lui la pièce d’un jeu vaste jeu d’échec, le début d’une partie qui s’étendra sur plusieurs années et qui verra grand nombres de protagonistes entrer dans l’histoire des chroniques insulaires. Le joueur, qui bouge ses pions comme le destin guide nos actions, c’est le Dieu qui rêve, le dieu Einar, frère de Wilfriend, Dieu chevauchant un dragon, grand maître des chevaliers ailés.
Mais voilà, depuis que Belthem, Déesse jalouse un peu sorcière, à jeté un sort sur la cité de Raffya, la ville volante où vivaient il y a des années de cela les dragons et Wilfriend, les grands ailés sont endormis à jamais et le monde des Dieux sommeille et le monde des hommes guerroie, en lutte contre le sorcier Guiderod.
Mais dans ce monde chaque chose a sa place, chaque personne a un destin à accomplir. C’est le cas de Duncan d’Irah, roi condamné à l’immortalité qui finira par s’endormir sous la forme d’un souvenir dans la plaine du dragon. Car dans le monde de Clair Panier-Alix, on ne meurt pas vraiment et l’immortalité, comme chez les vampires, est un poids, un fardeau lourd à porter.
Et peu à peu, sans que l’on sache pourquoi, Einar, Dieu rêveur et joueur, fait entrer dans la partie d’autres personnages et les événements se bousculent dans une réaction en chaîne habilement menée, jusqu’à un final grandiose dans lequel on comprend mieux les motivations d’Einar et dans lequel on se rend compte combien l’homme n’est qu’un petit pion dans la marche du destin.
Dès le début de ce roman souffle un air épique, fait de batailles (les premières pages du roman montrent Duncan d’Irah dévastant une armée de « zombies »), de tourments et d’amour contrariées. Comme dans toutes les grandes épopées, comme dans tous les grands mythes, il y a des envolées lyriques, des femmes ensorcelantes, des créatures étranges (licornes, faunes, dragons, magiciens, sorciers, etc.) et des voyages époustouflants.
La structure du roman n’est pas constituée d’une quête ou d’un affrontement entre le bien et le mal. C’est bien plus que cela. Après que Duncan se soit retiré apparaît son petit fils, Akheris. Mais l’auteure ne se contente pas de nous décrire un jeune homme beau, fort qui s’en va délivrer une princesse endormie. Arkheris est un personnage trouble, un traître, un homme condamné au remord et à l’errance. Et pourtant, il va être entraîné dans une aventure et il s’alliera aux pires des puissances et aux plus belles des forces, tentant avec toute l’énergie du désespoir de sauver sa bien aimé qui repose endormie pour ce qui semble être une éternité dans un cercueil de verre. Belle image qui nous rappelle l’un des contes de notre enfance !
Mais autour d’Arkheris cohabitent d’autres personnages tous aussi attachants les uns que les autres, tous ayant une importance, une aventure. Quand je vous avais dit que ce roman était vaste !! Et rien que là, je n’ai résumé qu’une partie du livre. Je ne veux pas non plus tout vous dire mais ce qui est sûr c’est que l’on s’ennuie pas tant les actions sont hautes en couleurs, la trame de l’histoire originale et les personnages attachants. Il y a du conte chez Claire Panier-Alix, il y a des mythes, des héros inoubliables, il y a un film en cinémascope dolby surround. Pour moi l’un des plus grands auteurs. Car le tout est soutenu par un style époustouflant, imagé et simple, poétique et émouvant, un style bien à part.
Si le roman pose la question du destin, du rôle des dieux dont le réveil se fait attendre, c’est aussi un roman sur l’amour, la solitude, la question du devoir.
L’aspect le plus troublant dans l’œuvre de Claire Panier-Alix, c’est la créature du dragon. Ici le dragon n’est pas un méchant cracheur de feu, pas un gardien de trésor, il est un Dieu, un conseiller et un ami. Une créature qui exige des devoirs et qui offre une force : la plaine du dragon. Dans cette plaine du dragon, nous pouvons voir nos amis décédés, nous pouvons nous reposer et communiquer par télépathie avec la créature. Un bon moyen pour rompre sa solitude, et même pour Arkheris d’expier ses fautes passées. Mais la plaine du dragon est aussi le lieu où vivent les héros morts.
Le roman développe donc énormément cette thématique du dragon et l’on peut même assister à la naissance d’un bébé, au réveil de dizaines de dragons et à la renaissance de l’ordre des chevaliers du grand ailé. Autant de passages épiques, émouvants, violents même et d’une rare beauté.
Chaque page de l’échiquier d’Einar est une aventure, soit faite de larmes et de douleur, soit faite de grandiose et de poésie, mais toujours maîtrisée de main de maître par une auteure, une très grande auteure !
Je ne vous dit rien sur la fin de ce sublime roman mais de nouveaux personnages émergent et l’on comprend mieux le pourquoi et le comment, on comprend mieux Einar ce Dieu qui se joue des hommes et qui dresse la toile du destin. Un suspens sublime, un finale génial pour un roman qui est devenu pour moi, et en peu de temps, mon nouveau livre de chevet.
Claire Panier-Alix est une grande dame de la fantasy, et son Echiquier D’Einar est d’ores et déjà un grand classique à placer aux côtés des plus grands. Une œuvre dont on ressort bousculé, ému et qui reste à jamais gravé dans nos mémoires. A lire à tout prix.

10/10

Source : http://bd-livres.psychovision.net/punbb/viewtopic.php?pid=3200#p3200

PUBLICATION : nouvelle holmèsienne/SF



La Société Sherlock Holmes de France (SSHF) a publié ma nouvelle "Un cigare, Dr Watson ?" cette semaine.
Les commentaires sont sur son forum : http://www.sshf.com/forums/viewtopic.php?t=2078
(cliquez sur le titre de ce message pour accéder au forum car grrrrr ! blogger.com n'autorise toujours pas les liens dans les messages !)

cette nouvelle, dont il a déjà question sur ce blog, a été écrite suite à une commande passée cet été pour la Convention Nationale de Science-Fiction à l'occasion de laquelle elle avait été publiée dans le recueil commemoratif (j'aime bien l'expression :-) )

moi, je n'écris pas de SF, et le thème (les clavènes, les mines), ne me parlait guère, alors je me suis payé un petit délire en mêlant notre cher docteur Watson, venu se recueillir aux chutes de Recheibach (là où Sherlock Holmès serait mort en entraînant avec lui l'infâme Moriarty) à une étrange affaire d'ovni pétrifié...

Pour cela, je me suis une fois de plus référé à des phénomènes connus, inexpliqués, fortéens (merci à mon documentaliste en la matière, Jean-Luc Rivera, qui ne manque jamais de stimuler mon imagination avec des ouvrages passionnants), celui des mystérieux navires pétrifiés retrouvés dans des cavernes au cours des siècles. Comment et quand sont-ils arrivés-là ? combien de temps a-t-il fallu à la nature pour les avaler, pour les pétrifier ? qui étaient-ils ?

A la fin, biensûr, je fais référence aux petits carnets et à la malle de Watson, qui, nous le savons bien, renferment toutes ces affaires traitées par Holmès mais jamais publiées car le monde n'était pas prêt...

J'en profite pour signaler un véritable bijou (pour cet ouvrage en particulier, mais pour la collection en elle-même) que je viens de lire, somme de documentation liant réalité et fiction, visant à retracer l'existence (oui) de grandes figures de la littérature populaire à l'instar des bibliographies habituelles... Je vous assure, on se laisse prendre, emporter, et finalement on ne sait plus quels sont les faits (=conception par Conan Doyle, tirés des textes) et les inventions... et on finit par se dire que oui, Sherlock Holmès a vraiment existé, il ne peut en être autrement.
Et moi, cette ambigüté-là, j'y suis attachée, c'est l'un des moteurs de l'écriture.
Et cela me ramène quelques années en arrière, quand je me régalais en dévorant les vraies-fausses-biographies et les romans de Philip José Farmer (dont celle de Tarzan):


Les nombreuses vies de Sherlock Holmes
André-François Ruaud, Xavier Mauméjean, éd. Les moutons électriques (collection La bibliothèque héroïque, n°2), isbn 2915793115
Qui ne le connaît pas ? Sherlock Holmes est une des plus grandes figures de la culture populaire et son seul nom est synonyme de mystère policier, de brouillard londonien et de crimes énigmatiques. Depuis 1887, Sherlock Holmes est le détective privé par excellence. Devenu très rapidement un véritable mythe, avant même la sortie de sa soixantième et dernière aventure en 1927, Sherlock Holmes reste pour certains un héros de fiction créé par Arthur Conan Doyle. Mais pour le plus grand nombre, c’est un homme « qui a vraiment existé », dont les enquêtes sont rapportées par son ami, le docteur Watson. Les exploits de Sherlock Holmes ont été traduits dans le monde entier, ils ont été adaptés de multiples fois au théâtre, à la télévision, en BD et au cinéma.
(dans la même collection il y a aussi Arsène Lupin et Hercule Poirot)

19 décembre 2006

Critique "Sang d'Irah" suite

Une très chouette critique sur le blog de Pierre Gevart :


"J’ai presque terminé la lecture de « Sang d’Irah », le roman que Claire Panier-Alix a publié chez Nestiveqnen. Un roman riche, profus, varié, déconcertant, parfois… Il y a là-dedans du Dumas, du tragique, du mystique, de la chevalerie, de l’Eroll Flynn et du Roger Moore dans le rôle d’Ivanhoé, du Sprague de Camp (Irah, même, réminiscence d’Iraz), de la tragédie grecque revisitée par Anouilh, de la lave. Un livre monde dans lequel on entre un peu effaré par les 450 pages, et qu’on termine en attendant déjà une suite…"
source : http://page-sf.monsite.wanadoo.fr/page7.html

me voilà requinquée jusqu'à noël

merci monsieur Geante Rouge !
(dont le N°6 comportera une interview de moa, entre autres...)

17 décembre 2006

les fameux carnets de l'écrivain-voyageur : 11/12/2006

11 décembre 2006

Le sang d’Irah, de Claire Panier-Alix, est d’abord un bel ouvrage. Un ouvrage volumineux, aussi. Un de ces livres dont on sait qu’on n’y entre pas impunément, qu’on va y laisser quelque chose, qu’on va s’y enfoncer, y endosser la peau d’un personnage, donner du temps. Et tout de suite nous voilà pris au vol par l’ambiance. Le monde des quatre royaumes se révèle vite d’une complexité délicieuse, les terres variées. Bref, m’y voilà, curieux et déjà prisonnier, en attente. Je vous en reparlerai, bien entendu !

Pierre GEVART

http://page-sf.monsite.wanadoo.fr/page7.html

08 octobre 2006

Critique roman fantasy : Faeries n°22 (été 2006)


"Duncan d'Irah est un homme tiraillé. Il est obligé de remplacer son père à la cour de Nicée, celui-ci étant trop malade pour assurer sa place et sa voix. Mais Duncan n'aspire pas à ce titre : c'est trop tôt pour lui. De plus, il est obligé de suivre les ordres de sa reine, Maryanor, alors que sa raison lui crie que les choix qu'elle fait ne sont pas les bons et qu'ils ne sont que le reflet de la manipulation du Temple de Jade. Il se doit de faire taire son coeur qui lui ordonne de suivre aveuglément sa reine, avec laquelle il aurait dû se marier, pour la raison d'Etat. Comment, dans ce cas, vivre sa vie à pleines dents ? alors, comme son rang le lui dicte, Duncan va faire ce qui doit être fait, mais ses choix ne seront pas sans conséquences...

Claire Panier-Alix livre un roman à la fois riche, aussi bien au niveau des événements que du style, et dans lequel on plonge avec délectation. La maturité qu'elle a acquise au fil de ses romans prend ici toute sa signification, et la maîtrise qu'elle a de son monde et de ses personnages transparaît tant et si bien qu'on suit les aventures de ce héros d'un autre temps avec un réel bonheur. Ceux qui avaient apprécié sa trilogie, La Chronique Insulaire, ne pourront qu'être ravis par ce nouvel opus, et les autres n'aspireront qu'à en savoir plus sur Duncan."

Yannick Peignard, Faeries n°22 (été 2006)

17 septembre 2006

PSYCHOVISION, 2006

Oyez, oyez gentes dames et damoiseaux, venez écouter la chanson de Duncan D’Irah qui, pour l’amour de la belle reine de Nicée, Maryanor, se vit pris dans multiples aventures, liées à l’île de Nopalep’em Brode.
Pour ceux qui auraient déjà entendu la chanson des Chroniques Insulaires, ce nom n’est pas inconnu. Mais si comme moi, sans connaître au préalable les faits et gestes de ceux qui peuplent cette île fabuleuse, vous voulez vous jeter sur les écrits de Claire Panier Alix, c’est faisable et vous y prendrez même un plaisir certain. Car il nous faut reconnaître à cette écrivaine tous les talents qui font une grande conteuse et nous lui pardonnerons aisément les quelques longueurs qui se glissent dans ce précieux ouvrage.
Mais reprenons, si vous le voulez bien, le fil de notre histoire.
Duncan, le beau et loyal roi d’Irah, répond à l’appel de Maryanor, reine de Nicée. Que n’a-t-il pas fait là ? Le voilà pris dans un ensemble d’aventures, qui vont des turpitudes de l’amour aux affres de la guerre, avec entres autres de sublimes luttes contres les trolls ou bien des villes assiégées, grand moment épique où la bravoure de ce fier roi est décuplée pour notre plus grand bonheur. Mais il y a aussi de l’amitié et ce que cela incombe et des trahisons terribles. Le destin de l’île de Nopalep’em Brode se dessine alors ici, fabuleux, médiéval, guerrier et génialement dessiné par cette auteure que je découvre en ce jour.
Les descriptions sont précises, claires et habilement faîtes. Nous pénétrons un quotidien moyenâgeux, sa politique, ses religions, ses fastes faits de tournois où les hommes, fiers, s’en vont remettre leur honneur entre l’épée et la lance.
Voilà ici retranscrit toute la légende du roi d’Irah et de ses amis et ennemis.
Si la reine Maryanor ne sort pas grandie de cette histoire, elle nous émeut toutes fois à plusieurs reprises. Obligée de se marier à un autre que Duncan pour sauver son royaume, et puis elle devient traîtresse sans jamais renier cet amour véritable qu’elle a pour le beau Duncan. Voilà un couple d’amants maudits qui renoue avec une certaine tradition, tels que Tristan et Iseult, sans que nous puissions toutefois pleinement les comparer.
Voilà donc une histoire tragique, remplie de rebondissements et de personnages tous aussi attachants les uns que les autres. Dans cette chanson de geste, une seule chose à regretter, c’est quand même certaines longueurs qui peuvent un peu rebuter. Mais le style de Claire Panier-Alix est simple, compréhensible et Sang D’Irah, même pour ceux qui n’ont pas lu les Chroniques Insulaires, se lit facilement et on y prend grand plaisir.
Ici, pas de magie, pas d’Orcs, de Nains et consorts, mais plutôt des manipulations politiques, des amours contrariés et quelques combats dignes des films Braveheart ou Gladiator.
La force de Claire Panier-Alix est de réussir à enfermer dans un petit espace, une île, tout le genre humain et de disséquer ses forces et ses faiblesses, prouvant parfois le ridicule de l’espèce animal que l’on nomme Homme. Et ce n’est pas toujours beau à voir. Heureusement pour nous, il nous reste comme échappatoire la fantasy et entre autre celle de Claire Panier-Alix, c’est pourquoi je vous laisse ici et que je m’en vais de ce pas découvrir ce qui pourrait bien être un chef-d’œuvre, c'est-à-dire les chroniques insulaires.

l'Hystrion, Christophe Besly, 2006

"Aborder les chroniques Insulaires de Claire Panier Alix, c’est se préparer à entrer dans de la très grande Fantasy. Ce qu’on appelle de la fantasy pour lecteurs avertis, ayant un minimum de connaissances tant sur le genre qu’en philosophie. Fresque époustouflante, protagonistes humains jusqu’à en devenir terribles, thématiques humanistes, narration à la plume magistrale... Tout cela, mélangé avec soin par l’auteure, ne peut qu’amener le lecteur dans un état de dépendance absolu.
L’histoire, épique au départ ne cesse de surprendre par la profondeur et la complexité d’une quête multiverselle qui nous éloigne, et c’est tant mieux, des blockbusters qui inondent le marché depuis quelques années."

ATEMPOREL.COM, mai 2006


Un roman de fantasy au style flamboyant, beaucoup de profondeur. Il me semble que Claire Panier-Alix lève le coin du voile et se livre, ou se délivre, pour notre régal… Un livre qui invite à revisiter nos propres mondes, ceux que nous ont hantés ou qui nous ont été ouverts, dès notre tendre enfance, comme une promesse qu’il n’est peut-être pas trop tard pour tenir… Un rendez-vous à ne pas manquer…

LEFANTASTIQUE.NET, janvier 2006


Duncan d’Irah accède au trône de son petit royaume en des temps bien difficiles : la reine Maryanor de Nicée, sa promise et suzeraine a, sous l’instigation du Temple de Jade, déclaré la guerre aux trolls lycanthropes du Kursthan. Duncan, épris de justice et de liberté, désapprouve ces choix. D’autant plus qu’ils sont dictés à Maryanor par les prêtres du Temple et que ceux-ci, lorsqu’ils comprennent que les trolls se sont alliés aux Orkaziens, barbares vivant dans le désert, sous la coupe d’un Homme-Dieu, poussent Maryanor à s’unir à cet Homme-Dieu, Sail, grâce à leur magie, l’Ultime Partage.

"Encore deux saisons et ils serait lié à Maryanor par les liens sacrés. Dès lors, les prêtres tenteraient de s’emparer d’Irah, prétendraient que les frontières n’existaient plus[…] Le prince d’Irah était prêt à en découdre pour préserver l’indépendance de son peuple, mais il ne se sentait pas capable de renoncer à Maryanor."
Sang d'Irah, par Claire Panier-Alix
Claire Panier-Alix est une écrivaine de fantasy française spécialisée dans les légendes arthuriennes et la Terre du Milieu de Tolkien. Après avoir écrit les Chroniques Insulaires, nombre de ses lecteurs lui réclamaient l’histoire de Duncan, le mythique roi d’Irah, sa vie réelle hors des légendes rattachées à son nom. Voilà qui est chose faite ! Avec Sang d’Irah, la Préquelle aux Chroniques Insulaires, c’est toute la vie du roi d’Irah, sa lutte pour la préservation de ses idéaux, ses combats sans fin pour la protection de son royaume et celui de Nicée, son amitié étrange avec Sail d’Orkaz et ses amours contrariées avec Maryanor de Nicée.

Tout au long de l’histoire, on retrouve le thème du chevalier noble et loyal, tel qu’on le connaît dans les chansons de geste. Malgré son côté monolithique, Duncan reste un personnage humain dont les convictions lui apportent plus souvent déception et regrets que bonheur. L’irruption du personnage rocambolesque de Nicolas de Talmont, celui qui arrachera Maryanor à Duncan, replace l’histoire et l’île de Nopalep dans notre monde actuel et fait dériver le récit dans notre contexte historique, lui donnant une dimension supplémentaire.
C’est un excellent livre, dont on espère pouvoir bientôt lire la suite : Sand d’Irah II – l’Etendard en lambeaux.

NOOSFERE, 2004


 Les Chroniques Insulaires de Claire Panier-Alix arrivent à leur terme avec Le Roi Repenti, qui fait suite à L'échiquier d'Einär et à La Clef des Mondes. Hélas, le roi d'Irah ne s'occupe plus guère de son royaume. Tandis que des ombres effacent littéralement des pans entiers de son royaume, il erre, endormi, dans l'Endomonde, un espace où il a le pouvoir de recréer son épouse disparue, sans s'occuper de Pavel, son plus jeune fils, menacé par un complot, ni de Pietê, l'aîné, qui tente avec quelques fidèles de sauvegarder le pays.
     Après un retour liminaire un peu long sur les évènements des deux tomes précédents, vient une partie captivante dont le protagoniste est un être insectoïde d'un autre monde, Artus, le frère de la reine Ophyr. Il observe l'irruption dans son monde de créatures à la forme étrange — des humains — puis traverse la “porte” et pénètre dans un de leurs univers pour y découvrir Pavel. La rencontre entre ces deux êtres si semblables et si différents à la fois apporte, dans cette histoire très marquée par les souffrances du roi d'Irah, une chaleur bienvenue. Les péripéties qui s'ensuivent n'en deviennent que plus intéressantes.
     Les pensées, modes de vie, réactions de cet être sont un régal de lecture après des intrigues de cour au goût de déjà-vu. Il semble que Claire Panier-Alix ait voulu à tout prix bâtir une histoire classique, un peu comme si elle ne s'autorisait pas à plonger le lecteur dans ses rêves. On a donc une première partie peu convaincante, qui risque de faire fuir le lecteur, à moins qu'il n'ait été accroché par les volumes précédents. Et ce serait dommage car une fois passé ce premier tiers arrive une histoire passionnante.

Lucie CHENU
Première parution : 1/10/2004
nooSFere

FANTASTINET, 2006



Résumé de l'Histoire :
Lorsque les Kurstanais décident d'attaquer Nicée, il est clair que les ravages effectués dans les forêts des trolls ne sont pas étrangers à la décision.
S'alliant avec Orkaz, et son peuple du désert, les carnages que feront les armées ennemies pousseront Duncan d'Irah, roi d'Irah et promis de Maryanor - la reine de Nicée - à prendre part au combat avec ses chevaliers.
Les prêtres de l'Ordre de Jade, grandement responsables de la situation actuelle, ressortiront de vieux rites pour régler le problème.
Mais pour combien de temps et quels en seront les conséquences...

Notre Avis :

Préquelle du cycle des Chroniques insulaires, Claire Panier-Alix nous livre ici le premier volume des aventures du peuple d'Irah.
Un roman d'Héroïc Fantasy qui tient toutes ses promesses et même plus.
Les personnages que nous livre ici Claire sont rongés par leurs peurs et leurs angoisses, sont faillibles et sont loin des habituels héros : ils souffrent, ils commettent des erreurs et sont responsables de situations toujours plus dramatiques.
Contrairement aussi à ce qu'on a l'habitude de voir dans les trilogies, ce premier volume ne se contente pas de poser les bases de la suite, mais existe en lui-même : l'histoire se suffit en elle-même et peut être lue sans avoir à acheter la suite (mais vous verrez qu'il serait dommage de ne pas continuer...)
Nous retrouvons donc tous les ingrédients d'un roman réussi : action bien décrite, personnages soignés, décors bien plantés et ennui totalement absent.
Vous pourrez vous apercevoir que le thème de la peur de l'Autre, de l'Etranger (ici les orkaziens) existe même dans les mondes imaginaires. Nous pourrons assister à la fraternisation de deux hommes que tout opposait, ennemis d'hier, ils deviendront le salut de Nicée...
Le thème de l'amour est aussi largement présent, mais pas cet amour larmoyant et trop conte de fées... L'amour qui existe entre Sail et Maryanor est un amour forcé, politique alors que l'amour entre Maryanor et Duncan est un amour profond et bientôt bafoué : il sera le moteur de la rage et de la ténacité de Duncan.
La politique et la religion ne sont pas non plus absentes, emmêlées et imbriquées, trahisons et retournements sont au rendez-vous.
Mais ne vous dévoilons pas tout, il faut le lire, c'est tout :)
J'attends la suite avec une impatience certaine...

Allan Dujiperou

ARCANES FANTASY, juin 2004


Einär est un Dieu-rêveur. Il tisse le destin de tout-un-chacun dans le Grand Livre sacré, la Chronique Insulaire, où il imagine trois Mondes distincts : celui des Dieux, Nogard, celui des mages et des créatures sacrées, Modar'Lach, et celui des hommes, Nopalep'am Brode. Son objectif est d'opérer la Scission de ces Mondes afin de protéger Modar'Lach des aspects les plus noirs de Nopalep'am Brode. Mais tous ceux capables d'écrire dans la Chronique Insulaire ne sont pas forcément en accord avec Einär...

Plus qu'un simple cycle de (High) Fantasy, la Chronique Insulaire est un véritable récit mythologique. C'est en effet une histoire chargée de symboles, racontant l'origine du Monde, la création des dieux, celle des créatures qui peuplent ce Monde, et les faits qui font que cet Univers est tel qu'il est aujourd'hui.

Encore est-il que le terme "Univers" est un peu réducteur puisque Claire Panier-Alix nous parle plutôt d'un Multivers. Multivers physique dans un premier temps, puisque pas moins de trois Mondes parallèles (et même quatre dans Le Roi Repenti), et parfois transversaux, cohabitent dans l'imaginaire de l'auteur. Multivers mental dans un second temps, puisque bon nombre des héros de Claire Panier-Alix se retrouvent, volontairement ou non, dans des Mondes créés de toute pièce par leur imagination. C'est pourquoi, théoriquement, les possibilités de Mondes sont infinies.

Tout le récit est par ailleurs rempli de symboles. Le plus important d'entre eux est représenté par les dragons, omniprésents tout au long de la trilogie. L'auteur parle très bien de cette créature sur son site personnel : à la fois "Seigneur des Ténèbres" et "Gardien du Temps et de la Mémoire", c'est LA "créature sacrée entre toutes". Et c'est bien le personnage principal de la Chronique Insulaire.
Tout cela est narré de façon à ce que le lecteur ait une impression de véracité dans les faits qui lui sont contés. L'échiquier d'Einär, en particulier, avec ses phrases courtes (mais nombreuses) et ses transitions brutales, rappellent souvent les mythes et légendes issus de la tradition orale, amérindienne notamment. Les notes de bas de page ensuite, sous forme de gloses, visent à faciliter au lecteur la compréhension du texte et, surtout, donne un petit côté "recherche fondamentale" à une série de romans qui n'en demeure pas moins une oeuvre de Fantasy. Le ton, enfin, est d'une incroyable régularité dans l'onirisme et la nostalgie qu'il nous inspire.

La Chronique Insulaire n'est donc pas une oeuvre facile d'accès. L'imaginaire de l'auteur est complexe, son style riche, parfois ampoulé. En outre, à la multiplicité des Univers il faut ajouter le fait que toute l'histoire se déroule sur une échelle de temps colossale. Celle-ci n'est d'ailleurs pas toujours facile à cerner, en dépit des indications chronologiques au début de certains chapitres. Deux outils sont toutefois à la disposition de chacun pour bien comprendre toutes les subtilités de la Chronique Insulaire : la relecture pure et simple de certains passages, et le site personnel de l'auteur, qui fourmille d'informations sur son univers créatif.

Rappelons enfin que Claire Panier-Alix est jeune et qu'il s'agit de sa première oeuvre, en tout cas dans cette dimension. On sent d'ailleurs bien l'évolution du travail entre L'échiquier d'Einär et Le Roi Repenti, prouvant s'il est besoin que le nombre de pages n'est pas forcément un gage de clarté. Enfin, et ce n'est pas la moindre de ses qualités, la Chronique Insulaire a beau être inspirée (Charles Fort et Tolkien notamment), elle est aussi profondément originale. Pour une fois ce n'est pas antinomique.

Philémont